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Prévenir le stress des aidants : le rôle de l’employeur

Tant qu’il reste positif et gérable, le stress est un formidable moteur de vie. Mais lorsqu’il génère de l’angoisse, freine l’action, démotive et trouble les relations, il est important de s’en occuper pour réduire ses impacts négatifs et nocifs.

Les aidants proches actifs professionnellement sont particulièrement exposés au stress et à ses conséquences.


Jusqu’à trois personnes sur cinq seront un jour aidant proche. Qu’il s’agisse d’un conjoint malade, d’un enfant handicapé, d’un parent atteint de démence, voire d’un voisin à mobilité réduite, la majorité de votre personnel est ou sera tôt ou tard aidant proche (AP). On ne les voit pas toujours car le sujet reste souvent tabou dans le milieu professionnel, mais ils sont bien là. Et heureusement qu’ils sont là! Car ils permettent d’éviter l’isolement et la solitude des personnes dans le besoin. Ce qui n’est pas négligeable quand on sait que près d’un senior sur deux souffre de solitude.

Pourtant, de nombreux aidants proches travaillent à temps plein et malgré tout ils continuent à consacrer en moyenne un peu plus de 4h par jour aux soins, en compromettant bien souvent leur propre bien-être. Si ceux-ci ne sont pas rémunérés pour leurs activités, la valeur économique moyenne de l’aide des proches varie entre 267 et 1 194 euros par mois. Or, ce chiffre est en croissance au vu du vieillissement de la génération des baby-boomers et de l’explosion des maladies chroniques.
Mais qui sont-ils? Et surtout pourquoi votre entreprise en a-t- elle tant besoin

 

Reconnaître le stress psychologique

 

S’occuper d’un proche peut constituer un stress chronique significatif et occasionner des débordements dans la vie de tous les jours (vie privée, familiale, sociale et professionnelle) du fait de l’impact qu’il imprime sur la santé psychologique et physique de l’aidant.

Des études menées chez des aidants proches montrent que le stress chronique augmente le cortisol, une importante hormone de stress. La nature stressante des tâches est en effet liée à un plus grand risque de détresse psychologique et par conséquent, à l’apparition de symptômes négatifs tels que: angoisse, déprime, anxiété, etc. Le soutien quotidien, apporté au mal-être psychologique du proche (tant émotionnel qu’existentiel) semble en effet directement lié au risque de dépression de l’aidant. Et plus les soins prodigués sont lourds, plus ce risque augmente. Il est donc très important de considérer ces signes avant qu’ils ne s’installent plus durablement.

 

Les effets du stress sur la santé

 

Le stress psychologique généré par la situation influe aussi sur la santé physique de l’aidant et peut faire apparaître des symptômes physiologiques cette fois, comme de l’hypertension artérielle, des troubles du sommeil ou de l’appétit, une prise ou une perte de poids, de la fatigue, une diminution des défenses immunitaires, etc.

Des symptômes qui fragilisent l’aidant sur le plan de sa santé et augmentent son risque de développer des maladies infectieuses, cardiovasculaires, etc. Et qui le poussent parfois à consommer plus de médicaments que le proche pour tenir le coup, comme le montrent plusieurs études.

Ce n’est évidemment pas souhaitable et pour éviter d’en arriver là, il est préférable de mettre une stratégie préventive en place pour s’occuper de soi, gérer son stress à temps et s’assurer de pouvoir poursuivre les soins que l’on souhaite apporter à son proche dans les meilleures conditions de santé psychologique et physique.

 

Quelle stratégie anti-stress pour les collaborateurs aidants proches ?

 

Il est intéressant d’inciter les collaborateurs à penser à une stratégie anti-stress dans des situations de prise en charge d’un proche. Même si souvent, les personnes ne se sentent pas sensibles au stress en général.

Conseillez-leur de faire le tour de la question, de prendre conseil auprès d’autres aidants proches, d’un psychologue ou de leur médecin traitant. Permettez-leur de mettre en place une stratégie anti-stress sur leur lieu de travail. Proposez-leur d’utiliser un réduit, un petit bureau, ou leur propre espace de travail pour se donner régulièrement des plages de répit. Encouragez-les à pratiquer (le midi par exemple) des activités qui «oxygènent» au sens propre comme au sens figuré (sport, yoga, méditation, etc.).

Et n’oubliez surtout pas de leur rappeler de prendre soin d’eux !

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